Loi SREN visant à réguler l’espace numérique

Il faut dire ce qui est, la majorité du public ignore, volontairement ou autre, les outils de sécurité mis en place pour surfer sur internet. Quel parent utilise le verrou parental de la box, de la télé ou des tablettes à la maison ? Quid des restrictions d’horaires disponibles sur tous les écrans plus ou moins modernes ? Sans demander à tout le mode d’utiliser des DNS sécurisés, il reste quand même un sacré nombre de possibilités pour se protéger ainsi que sa famille ! Il semblerait que la vie privée, désormais bradée aux réseaux sociaux et leurs sous-fifres, ait remporté une sacrée bataille : celle d’avoir convaincu monsieur et madame tout le mode que la vie privée, ça n’existait pas, en fait, hein !

Le diable est dans les détails, comme dirait l’autre.

En ce moment même, l’État français voudrait que les navigateurs de ses citoyens puissent censurer certains contenus sur internet, sans leur aval, ni information. Bien sûr, le constat est tout à fait exact : trop de malware, trop de sites pornos, trop de déviants en tout genre et j’en passe. Bref, nous ne pouvons qu’être d’accord, en rajoutant : trop de pubs.

Là où le bât blesse, comme à l’accoutumée, c’est le comment du pourquoi, autrement dit la solution proposée : censurer ces sites à partir des navigateurs ! Et oui, rien de plus efficace qu’une bonne lobotomie quand il s’agit d’une migraine. Surtout, ne pas tenter d’éduquer les gens afin de mieux de protéger. Et surtout, surtout, ne pas voir cela comme une réduction en peau de chagrin de la protection de la vie privée !

La seule certitude de quelqu’un qui s’y connait un brin, c’est que ce dispositif serait tellement simple à contourner que l’ado lambda le ferait en un clin d’œil avant d’en partager la recette à ses 649 amis de proximité. Par contre, les parents déjà lâchés par tout dispositif comportant un cadenas ou un bouclier pour icône, le seraient encore plus. Bye, bye la responsabilité de contrôle parental et sayonara la pseudo-liberté d’expression sur internet.

Le temps de la liberté conditionnée semble bien entamée sur la toile.

Vous pouvez pétitionner contre cette loi pour vous donner une impression d’agir. Personnellement, je m’attends à un bon vieux 49-3, histoire de relancer les fourneaux pour l’hiver. Deux questions innocentes se posent : i) si une telle loi est déjà actée au Royaume Uni, peut-on espérer différemment en France ?, et ii) ils sont où les autres éditeurs de navigateurs ?! Pourquoi ne voit-on que Mozilla dans la bataille ? C’est d’une dinguerie quand même, non ?

Bon au final, j’en ai une autre de question rhétorique : pourquoi bloquer au niveau applicatif et non pas chez les FAI ?! Serait-il vraiment compliqué de changer de navigateur afin de contourner le blocage ? Et la ruée vers les marketplace tierces pour télécharger le dernier Chromium « débridé », on en parle ou non ?

Sur ces mots, restez à l’affut et à bientôt.

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